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Professer notre profession

Un état des lieux de la profession de dirigeant scolaire

Richard Charron, secrétaire général AFIDES La revue des Échanges, septembre 2002

Depuis bientôt vingt ans, l'AFIDES fait la promotion de la profession de dirigeant scolaire dans l'espace francophone.

Que de chemin parcouru depuis sa fondation en 1983 ! L'AFIDES compte maintenant des sections accréditées au Canada (Québec et Ontario), en Europe (Communauté française Wallonie-Bruxelles, France, Luxembourg et Suisse) et en Afrique (Bénin, Burkina Faso, Sénégal et Tunisie). Des sections nationales provisoires sont en place dans plus d'une dizaine de pays (Cameroun, Centrafrique, Congo, Côte d'Ivoire, Gabon, Haïti, Liban, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, République de Guinée, République démocratique du Congo, Rwanda, Tchad et Togo), et la prochaine Assemblée générale verra certainement l'accréditation définitive de plusieurs d'entre elles.

Au fil des ans, l'AFIDES a été reconnue par de nombreux partenaires gouvernementaux et intergouvernementaux: le Ministère des Relations internationales du Québec, l'UNESCO, le Département de l'Information publique et le Conseil Économique et Social des Nations Unies, et les instances francophones (Organisation internationale de la Francophonie et Agence intergouvernementale de la Francophonie).

L'Association s'est dotée de moyens de communication écrits (La revue des Échanges et les Éditions de l'AFIDES) et virtuels (site internet et service de nouvelles). Elle a organisé de nombreux colloques nationaux et internationaux, en plus de ses biennales (Bruxelles, Lugano, Lyon, Ottawa, Tunis, Lausanne, Luxembourg, Québec). Elle a réalisé une foule d'activités de professionnelles, et développé un matériel de formation pour les directeurs qui a été expérimenté et utilisé dans plusieurs pays.

L'AFIDES constitue aujourd'hui le seul réseau international voué au développement de la gestion scolaire. C'est une originalité qui mérite d'être soulignée et célébrée.

Mais ce succès n'a pas été facile à réaliser, et exige d'être constamment renouvelé et rénové. Notre environnement évolue rapidement, et notre Association doit être sensible aux nouvelles défis et aux nouveaux besoins des dirigeants scolaires et de leurs systèmes.

C'est pourquoi il nous a semblé pertinent, dans le cadre de cette parution consacrée au thème Devenir et demeurer chef d'établissement scolaire, d'amorcer une réflexion dans un contexte très large, afin d'évaluer l'état actuel de la profession et de dégager des orientations de développement pour cette profession, que l'AFIDES représente au plan international.

Des propositions de développement sont suggérées, et nous espérons que vous y réagirez en nous faisant part de vos commentaires et en vous engageant dans leur réalisation.

1 LE VILLAGE GLOBAL

Le développement fulgurant des moyens de communication constitue l'une des caractéristiques les plus marquantes de notre époque. Nous sommes de plus en plus conscients des progrès et des reculs, des succès et des échecs, des gloires et des misères des humains qui habitent notre espace vital, notre planète. Nous ne pouvons plus plaider l'ignorance devant les tragédies qui affectent les populations des autres parties du globe.

Et depuis le 11 septembre, nous ne pouvons plus faire semblant d'être à l'abri de conflits qui autrefois nous semblaient lointains, du moins pour ceux qui habitent dans certaines régions du Nord. Nous devons conclure que notre sort à tous devient de plus en plus lié, interdépendant.

Notre responsabilité collective, moins évidente autrefois à cause de l'éloignement et de l'ignorance, devient claire et inéluctable : nous devons nous engager dans un développement collectif. À titre d'éducateurs, c'est dans le domaine de l'éducation que notre responsabilité est engagée le plus fortement.

2 ÉDUCATION : DEFI MONDIAL

L'éducation, l'un des piliers de notre développement collectif, présente des défis importants, au Nord comme au Sud. Plus de 113 millions d'enfants n'ont pas accès à une éducation minimale leur permettant de survivre et de s'insérer dans leur société et leur économie. Dans d'autres régions, l'accès à l'éducation n'a pas permis d'atteindre les résultats souhaités de succès pour tous.

Dans la majorité de systèmes scolaires, de vastes réformes sont en cours en vue d'améliorer l'accès ou la réussite des élèves. Tous les acteurs sont sollicités en vue d'atteindre ces objectifs ambitieux. Qu'en est-il de la contribution des dirigeants d'établissements scolaires ?

3 CHEF D'ÉTABLISSEMENT SCOLAIRE : LA CHAINON MANQUANT ?

3.1 Importance de la profession

Tous les intervenants reconnaissent l'importance de la direction d'établissement dans le développement de l'Éducation pour tous. Citons le Rapport Delors, de l'Unesco, qui considère le directeur ou la directrice comme « le premier facteur de l'efficacité scolaire. »

De plus, la majorité des responsables de systèmes considèrent que la gestion scolaire est déficitaire. La Conférence des ministres de l'Éducation des pays ayant le français en partage (CONFEMEN) affirme… M. Mamadou NDOYE, Secrétaire exécutif de l'Association pour le développement de l'Éducation en Afrique (ADEA) affirmait récemment que « tout le monde sait que la gestion scolaire est un problème, mais personne ne sait quoi faire… »

3.2 Profession fantôme ?

Malgré l'importance accordée à la gestion scolaire, ses professionnels n'assument pas un rôle perceptible dans le développement des systèmes éducatifs, au plan national comme au plan international. Les raisons qui expliquent cette situation étonnante sont multiples.

D'abord, dans la majorité des pays francophones du Sud, la profession n'existe pas. Les chefs d'établissement scolaire sont des enseignants, qui sont nommés, au gré de leurs supérieurs, à une poste de direction. Cette absence de statut provoque l'insécurité et le conformisme.

Puisque les directions n'ont pas de statut, leurs conditions d'emploi et leur processus de sélection n'est pas défini d'une manière autonome. Dans de nombreux pays, aucune formation initiale n'est exigée ni accessible lors de l'entrée en fonction. Et peu de systèmes scolaires ont constitué des organismes pour la formation à l'administration scolaire, comme ils l'ont fait pour les enseignants. Les nouveaux directeurs apprennent leur métier « sur le tas ». Autrefois, alors que le chef d'établissement était le représentant du ministre dans son établissement et avait essentiellement pour fonction de faire appliquer les règlements de l'institution, cette absence de formation ne prêtait pas à conséquence. Mais aujourd'hui, dans un contexte de responsabilisation, de décentralisation, de gestion de projet et d'autonomie, les compétences requises sont d'ordre professionnel, et leur absence risque de compromettre l'atteinte des objectifs fixés par le système.

Plus souvent qu'autrement, les directeurs ne sont pas choisis en fonction de leurs compétences, mais à cause d'autres facteurs, notamment de leur allégeance politique.

Dans ces conditions, difficile de s'organiser…. Il existe peu d'associations de directeurs dans les pays francophones du Sud, d'abord en raison de l'absence de statut. Certains Ministères de l'Éducation verraient d'un mauvais œil l'émergence d'un regroupement de directeurs qui pourraient exprimer des revendications. Il faudra les convaincre des avantages de compter sur des professionnels compétents pour gérer les établissements scolaires.

Lorsque l'on tente de créer des associations de directeurs, l'on se heurte à d'autres difficultés : isolement des directeurs, fragmentation des systèmes scolaires entre niveaux (primaire, collège, lycées…) et réseaux (public, privé confessionnel et non confessionnel…) qui rend difficile l'esprit ce corps et l'émergence d'une identité collective. Les conditions d'emploi (précarité du poste et parfois même du salaire) et l'instabilité politique n'incitent pas à un investissement personnel

Au Nord, les directeurs sont mieux organisés. Mais les pressions énormes qu'ils subissent dans l'exercice quotidien de leur travail leur laisse peu d'énergie pour se préoccuper de l'organisation de leur profession au-delà des frontières de leur système scolaire ou de leur pays. Peu d'organisations professionnelles se sont donné un mandat en ce sens. Pourtant, une profession s'enrichit et se valorise lorsqu'elle partage ses compétences et démontre sa générosité envers les collègues qui exercent le métier dans des conditions moins favorables. L'ONG Médecins sans frontières a certainement redoré le blason des médecins beaucoup plus que tout moyen de promotion.

Aucun des organismes internationaux qui évaluent la performance et l'évolution des systèmes scolaires (OCDE, ADEA, UNESCO, CONFEMEN) ne consacre un seul indicateur à la gestion d'établissement. Des centaines d'indicateurs y sont comptabilisés (nombre d'èlèves, de professeurs, les années d'études des enseignants, le nombre d'écoles, de classes, les salaires, les manuels, etc.) Mais pas un seul indicateur concernant les dirigeants scolaires ! C'est comme si la direction n'influençait pas la qualité de l'éducation.

Résultats des courses : les directeurs semblent exercer, au niveau international, une profession fantôme. Tout le monde sait qu'elle existe, qu'elle est essentielle à l'amélioration de la qualité de l'éducation, qu'elle devrait exercer un leadership à ce sujet. Mais il est impossible de percevoir son influence dans les débats sur l'Éducation.

En consultant les listes des associations qui collaborent avec les Organisations internationales avec lesquelles nous entretenons des liens, on constate l'absence absolue de représentants de notre profession. L'AFIDES est TOUJOURS SEULE à représenter les directeurs dans les listes d'ONG affiliées à l'UNESCO, à l'ONU, à la Francophonie.

Toutes ces organisations sont des organismes politiques. Elles réagissent parfois à des considérations morales (comme l'importance de la direction scolaires pour améliorer la qualité de l'éducation) ; mais le plus souvent, elles orientent leurs activités sous la pression des impératifs politiques. La loi du nombre joue à plein. Et le nombre de directeurs engagés dans des pressions politiques ne justifie pas leur intérêt…

De plus en plus de projets de développement incluent des activités visant l'amélioration de la gestion d'établissement et la formation des directeurs. Plus souvent qu'autrement, pour réaliser ces activités on fait appel à des organismes privés qui n'ont pas d'expertise particulière ou d'expérience pratique dans ce domaine. Ces « consultants » remplissent les obligations de leurs contrats, et disparaissent à tout jamais, sans laisser de traces à long terme dans le système où ils sont intervenus. À l'opposé, lorsque l'AFIDES intervient dans un projet de formation, il reste sur place un regroupement de directeurs qui garantit la continuité de l'apprentissage.

Selon le Rapport Delors, les enseignants figurent parmi les professions les plus fortement organisées au monde, et les plus influentes. Les dirigeants scolaires doivent constater que leur profession est beaucoup moins organisée, et a besoin de s'engager dans de nouveaux chantiers dont les fondements ont été posés par l'AFIDES.

4 AXES DE DEVELOPPEMENT

Si nous voulons augmenter la contribution de notre profession au développement de l'éducation, nous devons nous engager dans un processus de rassemblement et de structuration d'un réseau international plus visible, plus efficace, mieux outillé. Il ne s'agit pas de se transformer en syndicat et de réclamer des conditions de travail ou de rémunération. Nous devons agir sur la force de valeurs morales et de principes admis par tous :

- La gestion scolaire est un élément essentiel à l'amélioration de la qualité de l'éducation.

- La gestion scolaire est une profession distincte de l'enseignement, et exige des compétences spécialisées

- Pour répondre aux exigences de leurs fonctions, les directions d'établissement doivent avoir un statut, un regroupement professionnel, une formation initiale et continue de qualité.

- Le regroupement en association permet aux directeurs de contribuer plus efficacement au système, en facilitant la communication, la concertation, l'échange d'expériences et la formation mutuelle.

- Pour enrichir et partager leurs compétences, les directions doivent se concerter au sein d'une organisation internationale vouée à leur développement professionnel ;

- Pour promouvoir aux directeurs d'apporter leur pierre à la construction de l'Éducation pour tous, leur association internationale doit être présente auprès des organismes qui définissent les orientations mondiales en matière d'éducation

Ce développement évolue nécessairement de l'interne vers l'externe. Il serait illusoire de vouloir développer la profession sans l'engagement des professionnels qui la composent. Une fois cet engagement assuré, il faut professer la profession, la faire connaître, faire reconnaître son rôle dans les efforts entrepris par la communauté internationale pour assurer l'accès de tous à l'éducation, pour revaloriser l'enseignement technique et professionnel, pour favoriser l'éducation des filles et des femmes, pour assurer une meilleure qualité de l'enseignement du français, pour responsabiliser et rendre plus autonome l'école communautaire local, etc.

Il faudra enfin faire rayonner la profession, la représenter dans toutes les instances nationales et internationales qui pourraient profiter de sa contribution.

4.1 Renforcer la communauté et son réseau

4.1.1 Mobiliser les troupes au plan local

4.1.1.1 Les associations déjà existantes

Les sections nationales déjà accréditées par l'AFIDES peuvent jouer un rôle essentiel dans la promotion de la profession aux plans national et international :

- Favoriser l'adhésion de nouveaux membres aux valeurs d'échanges et de responsabilité professionnelle ;

- Promouvoir les actions prévues dans le plan de développement ;

- Approcher les associations de directeurs afin de les inciter à s'engager davantage dans le développement international de la profession ;

- Parrainer une section provisoire et l'accompagner dans son développement ;

- Solliciter la contribution des directeurs retraités, dont l'expérience et la disponibilité constituent des atouts prometteurs

4.1.1.2 Créer des associations nationales

Un quinzaine d'équipes nationales travaille actuellement à la mise en place d'une section provisoire de l'AFIDES dans leur pays. C'est comme si on voyait, ici et là sur la carte du monde, s'allumer des noyaux de professionnalisme qui souhaitent se joindre à notre réseau. Il faut poursuivre ces efforts, les soutenir et s'assurer de la conformité de leur démarche avec celle mise en place pour l'accréditation officielle.

La création d'associations nationales constitue un élément important du développement professionnel des directeurs. Mais c'est une démarche complexe et onéreuse. Il faudrait obtenir un soutien financier pour faciliter le processus. L'Agence canadienne de développement international (ACDI) vient d'identifier « la valorisation… des enseignants et des directeurs » comme l'une des dix actions …. On pourrait rechercher d'autres bailleurs de fonds qui ont inscrit à leur programme le développement de la gestion scolaire et solliciter leur soutien à nos activités.

4.1.2 Renforcer le réseau International

Comme nous l'avons indiqué plus haut, la contribution de notre profession au développement de l'Éducation pour tous est une responsabilité à laquelle nous ne devons pas nous soustraire. Au contraire, la visibilité et l'engagement moral au plan international ne peut que renforcer la profession au plan local.

Pour promouvoir la profession au niveau international, il faut renforcer le réseau actuel par des activités qui profitent de tous les moyens à notre disposition.

4.1.2.1 Utiliser les nouvelles technologies

Le site Internet et les Nouvelles de l'AFIDES doivent refléter les valeurs et les activités de l'Association en vue de notre contribution au développement de la profession et de l'Éducation pour tous.

Chaque association nationale devrait nommer un responsable de l'animation du site et des Nouvelles de l'Association.

De plus en plus, les organismes internationaux utilisent Internet pour consulter leurs partenaires. La présence dans ces forums virtuels devient un important moyen de lobbying. Par exemple, les interventions de plusieurs membres de l'AFIDES dans le cadre de la consultation de l'ACDÌ sur les activités à privilégier en Éducation de base ne sont sans doute pas étrangères à l'inclusion de la valorisation de notre profession parmi ses activités stratégiques. Et les propositions du secrétaire général lors de la consultation de la CONFEMEN sur la problématique de la gestion scolaire dans les pays francophones aura sans doute des répercussions importantes sur l'évolution de la profession. Dès qu'une nouvelle consultation sera menée, il faudra que l'AFIDES y participe, à la fois au plan national et international.

On pourrait également charger des volontaires de rechercher, sur le Net, les ressources et les partenariats qui pourraient promouvoir nos objectifs.

4.1.2.2 Utiliser les moyens écrits de communication

La revue des Échanges constitue un véhicule unique de promotion de la profession. Dans chaque section nationale, un membre pourrait être chargé de rechercher des auteurs afin de démontrer la compétence et l'engagement des directeurs dans le développement de leurs systèmes scolaires et de l'Éducation pour tous. Les échanges d'information concernant le fonctionnement des établissements et des systèmes ou les activités des différentes sections devrait stimuler l'esprit de corps et la collaboration.

4.1.2.3 Utiliser les rencontres internationales

Directeurs sans frontières, le thème de la Biennale de Dakar, qui marquera le 20e anniversaire de l'AFIDES, constitue une affirmation du défi auquel la profession doit répondre. Le contenu des conférences et des ateliers devra refléter la volonté de l'Association et de la profession d'assumer ses responsabilités dans le développement de l'Éducation pour tous.

4.2 Professer la profession

4.2.1 Promouvoir la compétence

A une profession donnée correspond une compétence spécifique. Si les sections nationales et leur association internationale souhaitent jouir d'une crédibilité reconnue, elles devront se concentrer – non pas sur la revendication de droits et de privilèges – mais surtout sur l'acquisition et le partage de compétences de gestion. Toutes les activités des associations devront démontrer cette préoccupation d'améliorer les services des membres à la qualité de l'éducation.

Au plan international, La revue des Échanges et le site Internet de l'AFIDES devront manifester cette préoccupation.

L'AFIDES a déjà élaboré et expérimenté un matériel de formation visant l'acquisition des compétences nécessaires à la gestion quotidienne d'un établissement scolaire. Ce matériel de formation pourrait être revu et enrichi, et mis à la disposition de ses sections nationales, par l'entremise du site Internet. Il faudrait trouver un partenaire pour financer la mise en ligne de ce matériel.

Dans plusieurs sections nationales, des membres ont acquis de l'expérience dans la mise en œuvre d'activités de formation. Sous la houlette de Maurice Chabannon, président d'AFIDES-France, un réseau international de formateurs se met en place. La mise à disposition de ce réseau en vue de la réalisation d'activités de formation constitue un élément important de la valorisation de la profession, à la fois au niveau local et au plan international. Il faut reconquérir le terrain de la formation à la gestion scolaire, qui constitue notre domaine de compétences.

4.2.2 Promouvoir le statut

Une fois que les autorités seront convaincues que notre préoccupation première est le professionnalisme et la compétence, elles seront plus réceptives aux besoins de professionnalisation des dirigeants scolaires. Les ministères de tutelle comprendront qu'il serait bénéfique pour le système de promouvoir la professionnalisation des directeurs. Tous y gagneraient : les autorités, qui pourraient compter sur un corps de dirigeants plus compétents, les directeurs eux-mêmes, qui pourraient remplir leurs fonctions d'une manière plus efficace, et surtout les enfants, qui jouiraient d'établissements scolaires mieux adaptés à leurs besoins d'apprentissage.

Le statut confirmera la profession.

4.3 Faire rayonner la profession

4.3.1 Représentation internationale

Pour figurer parmi les contributeurs importants aux réflexions et aux activités visant l'amélioration de l'éducation, les directions d'établissement doivent être représentés auprès des organismes internationaux qui pilotent ce secteur du développement humain.

L'AFIDES a déjà obtenu une accréditation auprès des organismes suivants :

- ONU (Conseil économique et social (ECOSOC) et Département de l'information pubique)

- UNESCO

- Francophonie (Organisation internationale de la Francophone et Agence intergouvernementale de la Francophonie)

- Gouvernement du Québec

- Collaborations (sans accréditation) avec la CONFEMEN et l'Union Européenne.

Ces premiers liens institutionnels, quoique essentiels, ne suffisent pas. Il faut maintenant assurer une représentation fonctionnelle auprès de ces organismes. Il faut dynamiser cette représentation, et la confier à des délégués qui ont facilement accès au siège de l'organisme. Cette proposition a déjà été discutée au Conseil d'administration de l'AFIDES, mais sa mise en œuvre est aléatoire. Il faudra structurer les interventions, et obtenir un rapport régulier sur les priorités de ces organismes et les contributions potentielles de l'AFIDES.

4.3.2 Conférences internationales

Depuis plusieurs années, le secrétaire général de l'AFIDES suggère à des organismes internationaux (UNESCO, Bureau International de l'Éducation, Institut international de Planification de l'Éducation) de consacrer une conférence internationale à la gestion de l'éducation. Il est paradoxal qu'à notre connaissance, aucune conférence internationale d'envergure n'a jamais été consacrée à la gestion scolaire et à notre profession !

Le Forum Mondial de Dakar, convoqué par l'UNESCO à Dakar en juillet 2000 pour évaluer les efforts mondiaux des dix dernières années en faveur de l'Éducation pour tous n'a pas cru important de consacrer un seul atelier à la gestion scolaire, malgré la suggestion de l'AFIDES à cet effet.

La première étape de l'intervention des directeurs sera d'assister à des conférences consacrées à d'autres thèmes en éducation, et d'y souligner l'importance de la gestion scolaire et la volonté des directeurs de contribuer au développement des systèmes éducatifs. Par exemple, le Comité Formation Professionnelle et Technique d'AFIDES-Québec a entrepris des démarches pour organiser une activité de formation dans le cadre du Mondial des Métiers, où l'on mettrait en exergue les compétences spécifiques reliées à la direction d'un établissement professionnel ou technique.

Il faut également poursuivre des efforts en vue de la convocation d'une conférence internationale sur la gestion scolaire. Un développement encourageant en ce sens s'es produit récemment. En préparation de sa prochaine rencontre, la CONFEMEN a décidé de consulter largement ses collaborateurs sur la gestion et le financement de l'Éducation. En conclusion de ses contributions, et après avoir constaté à quel point la gestion scolaire constituait une problématique sérieuse pour l'ensemble des participants, le secrétaire général de l'AFIDES a proposé que la CONFEMEN convoque les Assises francophones de la gestion scolaire, comme elle avait convoqué en 1998 les Assises francophones de la formation professionnelle et technique.

Informé de cette suggestion, le ministre de l'Éducation du Québec a indiqué qu'il soutiendra cette proposition lors de la réunion de la CONFEMEN. Il faut maintenant que d'autres appuis politiques soient sollicités, notamment par les sections nationales et provisoires de l'AFIDES auprès de leurs ministres de tutelle. Si l'AFIDES réussit à participer activement à la réalisation de ces Assises, sa crédibilité en sera fortement rehaussée, et la profession prendra un nouvel essor dans les pays francophones.

4.3.3 Actions de développement international

Le directeur occupe une position stratégique importante dans la promotion d'activités visant le développement international. Que ce soit la lutte contre le VIH/SIDA, l'accès des filles à l'éducation, l'éducation à la culture de la paix, la promotion des Droits de l'Homme et de la Démocratie, etc., les sections nationales et l'association internationale peuvent constituer des partenaires importants pour les agences qui soutiennent ces dossiers. Il suffirait de constituer des comités de directeurs passionnés par l'une ou l'autre de ces causes, pour mettre en œuvre des actions dans ces domaines.

5 CONCLUSION

Notre défi à tous : faire émerger le leadership professionnel des directeurs

Chères et chers collègues, directeurs, principaux, proviseurs, directeurs généraux, inspecteurs, commissaires….

Nous exerçons une profession vouée à la plus importante mission sociale : l'éducation de notre jeunesse. De plus en plus, notre responsabilité s'étend au-delà de notre école et à votre système scolaire. Nous gagnerons tous à promouvoir notre profession, à la fois au niveau personnel, par fierté et par engagement moral, et au niveau social, par responsabilité pour ces millions d'enfants qui n'ont pas accès à une éducation de qualité.

Les directeurs peuvent et doivent faire une différence.

Il suffit qu'ils s'engagent dans l'AFIDES, et qu'ils donnent à leur association internationale les moyens d'exercer le leadership qui leur revient.

© AFIDES - Dernière mise à jour : 2004-07-29

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