| Nouvelles: Niger: la corruption gangrène l'école |
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NIAMEY (AFP) - 25/01/2006 08h57 - L'école nigérienne, qui souffre déjà d'un manque d'infrastructures et de personnel qualifié, est gangrenée par la corruption, les fraudes aux examens, et les faux diplômes, un "mal" que le président Mamadou Tandja a promis d'éradiquer.
Il en va de l'avenir de la jeunesse d'un pays où le taux de scolarisation est inférieur à 50% et la majorité des onze millions d'habitants du pays est analphabète.
"Le niveau des élèves a tellement chuté qu'un étudiant est incapable de formuler une bonne phrase en français", commente Adamou Yara, professeur dans un lycée de Niamey.
Pour le ministre de l'Enseignement de base, Hamani Harouna, le système éducatif ne pourra être de qualité que si l'on s'attaque "avec fermeté à ces maux qui le gangrènent".
Ainsi, le 17 décembre, le président Tandja a annoncé la tenue prochaine d'un "forum national" visant à faire "des propositions pour combattre efficacement le mal" et a promis "d'identifier et de châtier les personnes qui fournissent les diplômes incriminés".
Mais pour Ada Assoumane Sarkin Halbi, un dirigeant du Syndicat national des enseignants du Niger (Snen), "les autorités en prennent conscience maintenant mais la situation est déjà pourrie".
D'après la presse locale, tous les ans, les examens sont émaillés de fraudes, et l'obtention de diplômes dépend des dessous-de-table versés.
"Les parents en général approchent les enseignants pour leur proposer de l'argent. Ces enseignants sont généralement des examinateurs qui ont la latitude d'agir ou de faire agir", explique M. Halbi.
Régulièrement, de nombreux concours sont annulés sous la pression des syndicats et de la presse qui dénoncent "des trafics d'influence".
Une enquête de la section nigérienne de Transparency International, avec le soutien du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a révélé qu'à l'approche des examens, les épreuves se vendent à prix d'or, dans un pays où les deux-tiers de la population gagnent moins d'un euro par jour.
Les épreuves du Certificat de fin d'études du premier degré (CFEPD) et le Brevet d'étude du premier cycle (BEPC) se négocient entre 30.000 et 50.000 CFA (entre 45 et 76 euros) et le Baccalauréat entre 150.000 et 200.000 FCFA (entre 228 et 304 euros), indique l'enquête.
Mardi, au moins 20 professeurs ont été suspendus pour leur implication présumée dans des "fraudes aux examens et falsification de notes". Cette mesure a été décidée au terme d'une enquête de la gendarmerie nigérienne qui a duré quatre mois.
Ces professeurs font partie d'une groupe centaine de personnes, en majorité des enseignants, arrêtées par les gendarmes, puis libérées "pour compléments d'enquête".
"La persistance de la corruption et du trafic d'influence" sont dus "à l'impunité dont jouissent les auteurs", a estimé la présidente de la Cour suprême, Mme Salifou Fatouma Bazèye, lors de la présentation de ses voeux de nouvel an au chef de l'Etat.
Pour Sarkin Halbi, le dirigeant syndical, "la misère" et "la politisation de l'école" rendent "vulnérables" les enseignants face à la corruption, ce qui risque de "mettre en cause la crédibilité des diplômes" au Niger.
"Imaginez que tant qu'il n'est pas du parti au pouvoir, l'enseignant n'a aucune chance d'être promu, même les présidents de jury aux examens sont nommés politiquement", explique M. Halbi.
En 2004, les enseignants avaient observé trois mois de grève pour exiger "la dépolitisation de l'école". Résultat: 8.500 enseignants ont vu, durant ce mouvement, leur salaire suspendu "pour fait de grève".
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Posté le 25 janvier 2006 à 09:38:45 EST par phpafides |
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